Avouons-le, nous avons tous donné un petit morceau de ceci ou de cela à son chat pendant la préparation d’un repas ou lors du repas lui-même.

Nous pensons leur faire plaisir avec une petite gourmandise parce qu’il quémandait avec insistance. Ou alors un matou chapardeur est venu grignoter un plat oublié la nuit. Mais attention, des précautions sont à prendre, sur des aliments plutôt imprévus.

Si certains aliments peuvent engendrer de petits troubles gastriques, d’autres peuvent prendre une ampleur plus critique. N’oublions pas que le chat est un carnivore strict.

Le chocolat

La gourmandise par excellence des humains n’est pas celle de votre chat ! Loin de là ! En forte quantité, la théobromine du chocolat (notamment contenue dans le chocolat noir) est extrêmement toxique pour le foie, entraînant vomissements, diarrhées, abattement physique et musculaire, trouble du rythme cardique. Cette molécule, très proche de la caféine, est certes un dopant pour notre humeur humaine, mais ce n’est pas le cas pour de nombreux animaux, notamment pour les chats et les chiens.

Les intoxications félines à la théobromine sont rares, mais possibles. Les chats ne sont en effet pas attirés par le sucre ou bien le goût du chocolat. Cependant, l’accumulation de théobromine dans le corps du chat a des conséquences très graves.

On estime que la dose mortelle est de 80 à 200 mg de chocolat par kilo de poids d’un chat, mais les symptômes d’empoisonnement se présentent bien avant.

Ainsi, 50 g de chocolat noir peuvent tuer un chat adulte.

La meilleure prévention est de ne pas laisser à portée de moustaches les gâteaux, biscuits, desserts et autres mousses au chocolat, qui pourraient d’aventure tenter notre poilu.

Les alliacées

Ail, oignon, échalote, poireau, ciboulette, asperge, appartiennent à la famille des alliacées. Considérés à tort comme des vermifuges naturels, l’ail et l’oignon sont toutefois très néfastes pour le chat, sous toutes leurs formes (frais, cuits, en poudre).

Les alliacées peuvent provoquer des troubles sanguins (anémies hémolytiques) et rénaux en détruisant les globules rouges. En cause, les dérivés soufrés et le thiosulfate qu’ils contiennent.

Les symptômes d’intoxication se manifestent plusieurs heures après l’ingestion, sous forme de faiblesse générale, d’urines sombres, troubles digestifs et respiratoires, voire de symptômes proches de la jaunisse. 

5 à 10 g d’oignon par kilo de poids peut rendre très malade un chat. N’attendez surtout pas de prendre rendez-vous avec votre vétérinaire si vous avez constaté une consommation d’alliacées. 

Les alliacées sont donc à proscrire totalement. Le conseil, c’est de prendre avec des pincettes les conseils de grand-mère de pour les concernant les vermifuges maisons et de s’orienter vers des produits vétérinaire réellement adaptés.

Toutes ces plantes, comme l’aïl des ours (très à la mode), ou toutes les alliacées en général, sont fréquentes dans nos cuisines, nos balcons ou nos jardins. Le chat peut être incité à en ingurgiter pour des raisons purgatives, mais elles sont de véritables poisons.

L’avocat

Contenant un acide gras dérivé, la persine, l’avocat est hautement toxique pour le chat (peau, chair et noyau), entraînant des troubles digestifs, respiratoires et cardiaques. La persine affecte en effet le cœur et les poumons, sans pouvoir être éliminée par l’organisme du chat.

Aucune dose précise toxique n’a été établie à ce jour et il n’existe pas d’antidote.

Si ce fruit possède des qualités nutritives pour les humains, il n’en est pas de même pour son félin. Il est aussi préférable de jeter aussitôt le noyau, qui pourrait servir de jouet.

Les produits laitiers

Si le chat consomme volontiers du lait, du beurre, du fromage, de la crème ou des yaourts, son système digestif n’est pas adapté au lactose. Certains animaux le tolèrent très bien, mais ce n’est pas une raison pour en donner tous les jours.

 On estime que 50% des chats adultes sont intolérants à la protéine de lait ou au lactose. En effet, à partir d’un certain âge, le chat ne produit plus d’enzyme lactase, qui aide à la décomposition du lactose. Les troubles sont alors majoritairement gastriques (diarrhées, flatulences, ballonnements).

Préférez les boissons lactées spécifiques pour chats, ou sans lactose. Petite recommandation, le lait est très calorique. Evitez d’en donner à un chat en surpoids, obèse, ou en phase de régime.

Le lait ne doit jamais remplacer l’eau. Il n’est pas nécessaire de lui en donner quotidiennement, car son alimentation pourvoit déjà à tous ses besoins nutritifs. En revanche, un petit peu de lait pour chat dans une gamelle d’eau peut lui permettre de s’hydrater avec gourmandise !

Les os et os cuits

Fragilisés par la cuisson, des esquilles d’os peuvent perforer le palais ou les voies respiratoires et gastriques de votre chat. On bannit les os de lapin qui sont de véritables lames de rasoir dans leur intestins ou dans leur bouche. Les os peuvent aussi être mal digérés, entraînant quelques désagréments gastriques, notamment s’ils n’en consomment pas régulièrement (comme tous les “extras” en général).

Les risques encourus par la consommation d’os sont généralement des fractures dentaires, des morceaux d’os coincés dans la gueule ou l’œsophage, des constipations et un excès de minéraux.

Si les chats errants ou les chats sauvages consomment des os crus lors de leur chasse (souris, oiseaux, etc.), apportant du calcium, ces derniers sont pourtant plutôt bénéfiques dans la mesure du raisonnable pour le chat domestique, sous supervision (hygiène des dents, mastication, sources de micronutriments, activité occupante).

Préférez les os crus charnus de pattes ou ailes de volaille en tout genre. A noter qu’il ne s’agit pas d’une obligation si vous ne souhaitez pas prendre de risque pour votre animal. Les aliments industriels pour chats possèdent de petites quantités de calcium suffisantes pour pourvoir à ses besoins quotidiens. Un vétérinaire peut également vous accompagner dans l’apport de calcium par d’autres biais.

Les os de porcs crus peuvent être vecteurs de bactéries ou de parasites. Assurez-vous que l’os à usage récréatif que vous donnerez à votre chat ait une bonne traçabilité.

Les fruits

Les pépins des fruits contiennent de la glucoside cyanogénique et les noyaux de la persine, tous deux extrêmement toxiques au niveau cardiaque, digestif et respiratoire, qui peuvent provoquer aussi des inclusions et des étouffements.

On évite de laisser à portée de patounes les cerises, les noyaux et pépins secs en tout genre, les raisins (surtout secs) et autres qui peuvent être ingurgités accidentellement lors d’un simple jeu.

La chair de certains fruits, avec une haute teneur en sucre, est à donner très occasionnellement, sans peau, sans pépins ou noyau et de préférence issus de l’agriculture biologique. La chair de pomme, de pêche, de poire, de fraise apportent de la vitamine C et des fibres. Le mieux étant de les cuire pour une meilleure digestion, et de n’en donner encore une fois que très ponctuellement. L’été, pastèques et melon (épépinés) sont une source hydratante.

Les agrumes sont à éviter car toxiques, mais aussi acides pour l’estomac des chats. Fort heureusement, nos moustachus sont généralement rebutés par leurs odeurs.

Les fruits secs (amandes, noisettes, noix, pistaches, etc.) sont aussi une source de jeu très intéressante, mais peuvent être ingérés. Si ces derniers ne sont généralement pas mortellement toxiques, ils sont inutiles dans le régime alimentaire du chat.

Pour éviter tout risque de désagréments, les gâteaux aux fruits, les jus de fruits ne doivent pas être donnés en gâteries. Si certains fruits sont plutôt bénéfiques, la vigilance est de mise sur leur dose

Quant à la tomate verte, mieux vaut la bannir ! Feuilles, fruits vert et tiges sont toxiques à cause de la tomatine et de la solanine !

Enfin, les fruits contiennent du sucre. Pour les chats diabétiques, des précautions sont à prendre.

La suite PARTIE 2 dès la semaine prochaine !