A l’heure où l’inflation est le mot dans toutes les bouches des foyers français, les prix de l’alimentation animale sont aussi fortement impactés, mais bien moins évoqués dans les médias ! Première source de dépense pour les possesseurs d’animaux  de compagnie, le secteur de l’alimentation animale connaît une flambée vertigineuse des prix depuis plusieurs années, et qui risque fort de toucher nos comportements envers nos animaux. 

Le budget alimentaire mensuel consacré à un animal de compagnie est estimé à 59€ en moyenne, mais qui pourrait s’envoler dans quelques semaines…

Un signal d’alarme

Si vous l’avez manqué, c’était LE tweet du mois de novembre 2022 qui a mis le feu aux poudres, car aucune personnalité n’avait encore pointé du doigt ce secteur. 

D’après M-E. Leclerc, bien connu pour ses coups d’éclats médiatiques, le prix de l’alimentation des animaux connaîtra une hausse de +41% pour 2023, alors que 2022 a déjà augmenté de 13 à 14%.

Une étude IFOP, menée en octobre 2022 a révélé de nombreuses tendances inflationnistes sur le budget alimentaire dédié à un animal de compagnie. Et les chiffres sont édifiants. 

Par exemple, de 2020 à 2022, le budget annuel de l’alimentation de l’animal d’un foyer a subi une inflation de + 201% ! 

Toutes les tensions inflationnistes du moment qui se répercutent sur l’ensemble des produits du territoire, n’ont pas exclu les croquettes, produits de base de l’alimentation de nos chats. Insidieuse, nous avons à peine fait attention à cette hausse à peine visible, mais qui le sera bien plus demain !

Quelles sont les causes de cette inflation ? 

Premièrement, le secteur de l’alimentation animale n’a que très peu de concurrence. 80% du marché est détenu par 2 groupes : Nestlé (Purina, Friskies, etc.) et Mars (Royal Canin, Whiskas, Pedigree, etc.). Pas de concurrence directe, donc marges confortables très difficiles à réduire.

Sur un second plan, toute la production de viande a subi un énorme coup de massue en cette année 2022. Notons la grippe aviaire, qui a fait exterminer des milliers de poulets et canards, composants majoritaires des croquettes pour chats. Cet incident a causé une hausse de + 42% de la matière première volaillère. Le boeuf et le porc sont légèrement moins impactés, mais quand même.

L’inflation des prix des céréales, qui regroupe à la fois l’alimentation des ovins/bovins/volailles et leur présence dans les croquettes (amidon), combinée aux prix du gaz et des énergies pour la transformation des croquettes, ont fait à eux tous bondir le prix final du produit.

N’oublions pas la guerre actuelle en Ukraine, pays grenier à céréales de l’Europe, qui pèse sur la balance.

Encore moins médiatique, selon le journaliste F. Bianchi, l’utilisation de la graisse animale pour enrober les croquettes est devenue extrêmement difficile à trouver, donc chère (hausse de + 200%), car les industries pétrolières ont trouvé une nouvelle manne pour les biocarburants.

Enfin, les coûts de l’électricité, des transports, que ce soit de l’acheminement des matières premières et de la distribution, en passant par les emballages, font grimper l’ardoise finale.

Nous sommes donc sur une inflation qui joue sur tous les niveaux de production d’une seule croquette, du début à la fin. Les distributeurs n’ont pas d’autres choix que de répercuter cette flambée sur le prix de vente en rayon.

Selon une source Royal Canin, une des marques leader en France, l’inflation se répercutera (au 1er janvier et 1er février 2023) sur les tarifs finaux de leur produit de la gamme féline de la manière suivante :

– + 12% d’augmentation des prix pour la gamme professionnelle

– + 16% d’augmentation des prix pour la gamme particuliers

– + 22% d’augmentation des prix pour la gamme vétérinaire

Les circuits de vente

Selon le Ministère de l’Ecologie, les français se fournissent en croquettes principalement en grande surface, puis en points de vente spécialisés (animaleries, vétérinaires, jardineries, etc.), et enfin en ligne.
Cette dernière tendance est en hausse indéniable depuis des années, surtout pour l’offre très large, sa praticité et les prix concurrentiels

L’industriel français M. Wincker, directeur de la marque Ultra Premium Direct, propose des produits à des prix maîtrisés grâce à sa stratégie de vente sans intermédiaire. Ainsi, cette marque a rogné délibérement ses propres marges pour limiter la hausse de ses prix à un convenable 8%.

Autre exemple français, la marque Hector Kitchen ne compte également pas changer ses standards de qualité pour le profit. Également sans intermédiaire par rapport au schéma traditionnel, elle continue d’utiliser des matières premières locales et/ou européennes et innove en termes de conditionnement et de transport pour abaisser les coûts de production. Elle souhaite également augmenter les bons plans pour les clients fidèles de leur site de e-commerce. N’hésitez pas à consulter leur excellent article à ce sujet sur l’inflation ! 

Bien que cela nécessite quelques recherches approfondies, il est possible de trouver des marques, qui plus est françaises, qui acceptent l’éthique de voir leur chiffre d’affaires baisser, en impactant le moins possible le consommateur.

En privilégiant les marques des petits acteurs locaux encore soucieux de leurs consommateurs, nous pouvons ainsi agir sur les leaders lobbyistes de l’alimentation animale.

Nos animaux en ligne de mire de l’inflation

L’inflation a forcément un impact sur nos vies et celles de nos animaux. Le pouvoir d’achat étant déjà en chute libre, il n’y avait plus que l’alimentation de nos chats sur lequel nous ne faisions aucun sacrifice.
Pourtant selon un sondage IFOP : “l
e budget annuel moyen consacré par rançais à son animal a bondi de 15% depuis deux ans », s’élevant maintenant « […] à 943 euros. Le seul poste de l’alimentation a progressé de 201 euros par rapport à 2020 à 643 euros”.

En août 2022, le Président du syndicat des PROfessionnels De l’Animal Familier (PRODAF), R. Michau, révèle dans un quotidien français que la grande majorité “des propriétaires se disent prêts à faire des sacrifices, plutôt qu’à toucher aux habitudes de leurs animaux”.

Il sera malheureusement de plus en plus difficile de nourrir son animal correctement et selon un budget de plus en plus serré. Ainsi, toujours selon l’IFOP, beaucoup plus de personne ont déjà réduit le budget consacré à leur animal et d’autres ont déjà modifié leur comportement d’achat.

20% des ménages les plus modestes consentent à avoir réduit la quantité de nourriture de leur animal et 14% songeraient même à s’en séparer.

Un vrai signal d’alarme. 

Un quart des francais à déjà pour l’heure renoncé à adopter un animal de compagnie en raisons des divers frais engendrés, toujours selon le sondage IFOP.

Pour l’heure, la Fondation 30 millions d’Amisn’a pas encore constaté d’abandons pour cause d’inflation”. Toutefois, leur service juridique est beaucoup plus sollicité pour des signalements de négligences de soins dont le contexte économique est clairement identifié.

Comment adoucir cette hausse des prix ? 

Il existe des astuces pour faire quelques économies sans sacrifier la qualité de l’alimentation de minetchat !

La première idée est d’acheter en grande quantité. Contraignant (place, conditions de stockage), cette option permet toutefois de faire des économies substantielles sur le prix au kilo ! Certaines marques peuvent voir leur prix au kilo divisé par 2 entre le conditionnement de 400g et le conditionnement à 6 kilos ! Certes, le prix d’achat en gros est clairement plus élevé, mais c’est bien plus rentable sur la durée. 

Le conditionnement en lot apporte aussi son lot de ristournes.

De plus, nombreux sont les sites internet animaliers qui proposent une section uniquement dédiés aux bonnes affaires, promos, déstockages et offres découvertes.

N’hésitez pas à consulter ces rubriques et à vous abonner aux newsletter pour ne manquer aucun bon plan !

L’avantage des sites internet est de pouvoir également cumuler bien plus de “points cadeaux” déductibles sous quelques sortes (réductions, cadeaux, dons) qu’en boutique physique. Ce système de fidélité est plutôt avantageux financièrement et d’autres système de fidélisation permettent, grâce à un abonnement annuel, de bénéficier de remises fixes sur les commandes.

Se mettre ponctuellement au BARF ou à la ration ménagère permet de gagner quelques euros, mais cela demande un investissement et une rigueur stricte. La vigilance est recommandée pour de nombreuses questions sanitaires et nutritionnelles.
Ne vous lancez pas dans l’aventure à la légère.

Pour conclure

Nous constatons une augmentation inquiétante des prix exigée par les industriels du secteur, et qui n’arrange rien à la baisse significative du pouvoir d’achat déjà induite par l’inflation. Nos animaux en sont malheureusement directement impactés.

Toutefois, avec quelques astuces sur la façon d’acheter des croquettes, il est possible de conserver la qualité de l’alimentation de notre chat, en prévoyant quelques aménagements et bons plans !